Les réponses à nos 7 questions portant sur la Mafia sont attendues avant le 6 juin, dernier délais. Des candidats ont déjà répondu. D'autres ont annoncé leur intention de le faire, quelques-uns sont, pour l'instant, silencieux. Nous les publierons sur ce site maffiano.com dès le lundi 7 Juin. Nous invitons tous les citoyens à large débat sur ces réponses. Il aura lieu le lundi 14 juin sur internet. Les interventions citoyennes peuvent, bien sûr, être aussi formulées via des mails à amaffiano@gmail.com, ou des messages sur notre page Facebook Maffia No', a Vita Iè.


Dibattitu N° 10 : Réactions citoyennes aux réponses sur la mafia des candidats aux Territoriales

le Vendredi 28 Mai 2021 à 18:13 | Commentaires (0)

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Confronter "l’histoire à la création artistique, son point de vue sur un questionnement sociétal plus que jamais d’actualité ». Ces mots de Sylvain. Gregori, directeur du Musée, éclaire parfaitement une initiative concernant la Sicile et la Corse. Edouard Elias, le célèbre Photographe de guerre ( ex-otage en Syrie), y présente les portrait de fondateurs des deux collectifs anti-mafia.Nous publions l’intégralité du dossier de presse. Une initiative à saluer et à encourager. Le vernissage aura lieu le vendredi 11 juin à 18h30.


« Les îles du milieu »,  exposition photographique sur la Mafia au Musée de Bastia
Dans ce dossier de presse (téléchargez le pdf) vous retrouverez, en particulier, les portraits de membres du Cullettivu Maffia No', a Vita Iè et du Cullettivu Massimu Susini
dossier_de_presse.pdf dossier de presse.pdf  (1.28 Mo)

le Lundi 24 Mai 2021 à 07:21 | Commentaires (0)

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Le contrôle de pans entiers de notre économie par des bandes mafieuses ne doit pas être occulté dans ce débat pour les élections territoriales. Le déni transparait déjà dans la plupart des présentations de liste. Aussi nos 7 questions, par leur précision, faciliteront la levée d’éventuelles ambiguïtés. Car rien ne saurait se construire dans un non-dit favorable à l’emprise de la voyoucratie.


Madame, Monsieur,

Vous avez pris la décision de vous présenter aux suffrages de vos concitoyens ;

Vous avez décidé que vous aviez un rôle à jouer dans leur quotidien, dans l’avenir de leurs enfants et dans un développement maîtrisé de notre île.

De notre côté, collectif de citoyens, engagés dans une réflexion qui vise à trouver les moyens de desserrer l’étau de la mafia qui menace d’asphyxier la Corse, nous avons extrait sept questions des débats que nous avons menés avec de très nombreux internautes. 

Dans le cadre de la campagne électorale qui s’ouvre, et avec la volonté de participer au débat démocratique, nous soumettons ces questions à votre attention.

En fait, nous aurions pu vous en poser cent, tant les échanges avec les participants aux différents débats, ont été fructueux ! Nous en avons choisi sept, qui sont emblématiques du combat que nous menons, et qui à notre avis, sont essentielles pour établir les conditions d’une éthique nécessaire au développement de toute société.

Nous organiserons, le 14 juin à 18h 30, un débat au cours duquel nous présenterons et analyserons les réponses que tous les candidats auront bien voulu apporter à notre questionnaire.

C’est pourquoi, nous vous saurions gré de bien vouloir nous adresser vos réponses avant le 6 juin, à l’adresse suivante : amaffiano@gmail.com .

Le débat du 14 juin sera un débat politique car il s’agira de jeter les bases d’un contrat entre candidats - « élus en devenir » - et citoyens, d’un contrat où les uns et les autres s’accordent à définir les repères fondamentaux de la prochaine mandature.

Nous vous remercions par avance de l’intérêt que vous porterez à notre initiative, et nous souhaitons à chacun d’entre vous une campagne dynamique et loyale.

Bien cordialement,

 


La lettre envoyée à tous les candidats, synthèse des réponses et débat le 14 juin !

1- Êtes-vous prêts à reconnaître la situation mafieuse qui sévit dans l’île et à lutter sans faiblesse pour en réduire l’influence ?

 

2- Êtes-vous prêts à veiller à l’application de la loi nouvellement votée concernant la réutilisation sociale des biens confisqués ?

 

3- Êtes-vous prêts à encourager l’amélioration de la loi Perben qui vise à    la protection des repentis en France ? Elle    présente de l’avis même du président de la commission nationale de protection et de réinsertion, des lacunes incompréhensibles et doit progresser afin d‘être    efficace et opérationnelle.

         

4- Êtes-vous prêts à veiller à ce que le périmètre du conglomérat qui contrôle aujourd’hui l’essentiel des leviers économiques de la Corse reste contraint, et que son activité, dès lors qu’il s’agit d’argent public, soit régulièrement auditée ?
 

5- Êtes-vous prêts à vous engager pour que les pouvoirs publics bloquent sans délai le projet de centre de stockage de déchets de Giuncaghju,?   Son activité consacrée aux déchets amiantifères en bord du Tavignanu    constitue à la fois un danger pour la santé publique et un    exutoire   pour les appétits mafieux    qui gravitent dans le secteur du BTP.

 

6- Êtes-vous prêts, lorsque vous serez amenés à constater de graves irrégularités dans la gestion des offices et agences dont la CDC est directement responsable, ou des établissements publics auxquels elle accorde un large soutien financier, comme le PNRC ou les SDISS, à saisir la justice pénale ?

 

7- Êtes-vous prêts à doter la CDC des outils numériques facilitant la contribution et le contrôle citoyens, gages d’une démocratie moderne, qui pourrait être ainsi renforcée par l’implication de la jeunesse ?

 


le Lundi 3 Mai 2021 à 15:44 | Commentaires (1)

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Marie-France Giovannangeli était l'invitée de l'émission Ochjata sur Via Stella. La cofondatrice du Cullettivu a notamment déclaré : "Forcément, nous bousculons, forcément nous remettons en cause une façon de penser. Il y a toujours une partie de la classe politique qui est dans le déni..."
D'ailleurs, nous publierons, ce lundi 3 mai, les questions que posera le Cullettivu à tous les candidats aux élections territoriales.


 

le Samedi 1 Mai 2021 à 07:53 | Commentaires (0)

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La question est depuis longtemps posée en Corse, comme ailleurs.. Comment peut-on laisser à des citoyens tirés au sort et identifiables, l’étouffante responsabilité de juger des membres de redoutables et sanguinaires groupes mafieux ?
Les résultats judiciaires sont là, accablants pour ce système. Or les nouvelles cours criminelles proposées par le Garde des Sceaux, ignoent la réalité mafieuse et n'envisagent pas de magistrats professionnels pour des procès où les accusés encourent la perpétuité. À savoir ces centaines d'assassinats organisés par la voyoucratie dans notre île.
Un membre fondateur de notre collectif, Dominique Bianconi, nous fait part de sa propre expérience de juré. C’était il y a une trentaine d'années. Son récit illustre bien cette fragilité citoyenne face à ces sollicitations "amicales" subies par des infortunés qui n'ont pas gagné un gros lot en étant tirés au sort. Mêmes si beaucoup d'entre-eux tombent subitement malades...


Le Jury de cours d'Assises en question, le témoignage de Dominique Bianconi

J’ai été juré…dans un jury d’assises…Oh ! Il y a 20 ou 30 ans.

Si je le raconte aujourd’hui, c’est que les principaux protagonistes sont morts, et que mon témoignage pourra être « une pièce à verser aux débats » !

Les choses avaient commencé comme toujours dans ce cas-là : un banal tirage au sort sur les listes électorales, et mon nom avait émergé. J’ai ensuite passé le barrage de tous les autres tirages au sort : celui de la commission spéciale, et celui des présidents des tribunaux judiciaires et de la Cour d’Appel.

Puis, il y a eu la formation du jury de jugement. J’ai prié de toutes mes forces : « Pourvu que je sois récusée, par l’avocat de l’accusé, par l’Avocat Général, par qui vous voulez, mais pourvu que je sois récusée ! »

Je n’ai pas été récusée, et je suis rentrée à Calvi un peu sonnée, doublement sonnée devrais-je dire, car la Présidente du Tribunal nous avait adjurés d’accepter cette mission sans essayer de chercher une excuse pour y échapper : en effet, aucun jury n’avait pu être formé pour la précédente session des Assises (les jurés jouant à « scappa scappa »), et l’accusé, qui était mineur au moment des faits, attendait depuis trop longtemps que l’on statue sur son sort.

A Calvi, une invitation à dîner m’attendait, une invitation amicale qui ne pouvait me surprendre ou m’inquiéter. J’ai ainsi appris, ce soir-là, que des informations dites confidentielles, peuvent traverser la Corse à la vitesse de l’éclair : parce que cette invitation amicale, était en fait le prétexte pour m’expliquer pourquoi il fallait que je sois indulgente dans l’affaire que j’aurais à juger.

Ne voyez aucune ironie dans mon propos : ce fut réellement un bon repas, entre amis. Le seul bémol étant que les uns avaient un « service » à demander à l’autre, et quel service !

Je ne connaissais rien à l’affaire et j’étais déstabilisée par la démarche, d’autant que l’on venait de me dévoiler qu’en fait, la famille de l’accusé ne m’était pas inconnue. La demande qui m’était faite était simple, et apparemment anodine : sur les conseils de l’avocat de l’accusé, il fallait que je demande une certaine peine de prison, et que bien entendu, j’essaie de convaincre les autres membres du jury.

Le jour dit, je suis donc arrivée au Palais de Justice, et là, les choses se sont durcies très vite : j’ai croisé dans la cour du Palais, un avocat avec lequel ma famille entretenait des liens d’une vieille amitié. Je l’ai donc salué, et comme il s’étonnait de me voir de si bonne heure en ces murs, je lui ai expliqué très tranquillement les raisons de ma présence. Il a reculé, comme s’il s’était brûlé au contact de ma main, et il m’a dit qu’il fallait que je l’ignore !

Cette première surprise passée, nous sommes rentrés dans le Tribunal, et la première personne entendue a été le gendarme qui avait mené l’enquête, et qui venait faire part de ses conclusions :  et ce gendarme qui avait été en poste à Calvi, et qui avait épousé quelqu’un que je connaissais très bien, s’est gardé de m’accorder le moindre regard.

Voir à deux reprises, des liens sociaux ordinaires, brisés par cette nouvelle situation avait quelque chose de sidérant.

Et le procès a commencé…

Pour que je cède à l’amicale pression, il aurait fallu que l’attitude de l’accusé me permette d’éprouver pour lui, une certaine empathie. Il n’en était rien ! Je n’éprouvais de compassion et de respect que pour les parents et la veuve de la victime, qui restaient d’une grande dignité et qui ne réclamaient pas vengeance, mais la juste sanction des faits qui avaient conduit leur fils et époux, à la mort.

De l’autre côté, s’étaient rassemblés avec une certaine morgue, des représentants de la bonne société bastiaise, dont l’un d’entre eux, exhiba même sa Légion d’Honneur pour expliquer au président que son témoignage ne pouvait être mis en doute.

Tout n’était que peu glorieuse stratégie :

  • D’une part, il fallait, disaient-ils, tenir compte de l’environnement social de l’accusé, et le meurtre dont il était accusé, ne devenait ainsi qu’une « erreur de jeunesse » ;
  • D’autre part, le complice de l’accusé, étant lui-même mort au cours de l’échange de coups de feu, on pouvait lui faire porter le chapeau, sans que cela n’ait d’incidence sur sa situation. Quel cynisme !

Puis vinrent les plaidoiries : du côté de la Défense, les arguments étaient ceux que je viens d’énoncer. Du côté de la Partie Civile, on vit un avocat qui, cherchant chez l’accusé, le moindre signe de regret et de compassion, tentait en vain de l’humaniser.

Le temps des délibérations fut long et pénible. Il fut précédé d’un incident qui ne fit qu’alourdir une ambiance déjà pesante : le Palais de Justice étant en travaux, les délibérations ne pouvaient pas se dérouler dans une salle contigüe à la salle d’audience. Pour rejoindre la salle qui nous était attribuée, nous sortîmes donc de la salle d’audience, encadrés par les gendarmes : une des jurées se mit à pleurer.

Pendant les délibérations, j’avais en tête les arguments que m’avaient servis mes amis - l’amitié, la famille qui connaissait déjà une situation douloureuse, la jeunesse, la fidélité - arguments auxquels je suis sensible. Mais j’avais aussi, présent à l’esprit, ce que je venais de vivre le temps du procès. Dans la discussion avec les membres du jury et les magistrats, j’étais incapable de trouver une once d’excuse à l’accusé. Seule, sa jeunesse me faisait espérer qu’il n’y avait aucun déterminisme, et qu’une rédemption pouvait intervenir.

En fin d’après-midi, le verdict est tombé : il était condamné au maximum de la peine encourue par un mineur, pour un fait de cette importance.

En tenant compte de la longue période de prévention, puis des remises de peine, il aura passé 6 ans en détention. Quelques mois plus tard, il mourra dans une fusillade dont il était la cible.

C’est ma seule expérience de juré, et pourtant cette affaire ne m’a jamais quittée, sa terrible conclusion, ne faisant que rajouter au malaise que j’ai éprouvé, du tirage au sort au verdict. Les pressions furent de tous ordres : amical, mais aussi social et culturel ! Et aujourd’hui encore, je ne peux m’empêcher de penser que si les contraintes avaient été desserrées, la Justice eût été plus sereine, les passions moins exacerbées, et la vie des uns et des autres en eût été changée…A vita Iè !


le Vendredi 23 Avril 2021 à 13:19 | Commentaires (0)

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