Un coup dur porté au crime organisé en Europe


Lundi 6 Juillet 2020

Le 3 juillet 2020, Martin Untersinger et Jacques Follorou ont publié dans le journal « Le Monde » un article qui nous apprend qu’en ayant réussi à pénétrer le système ENCROCHAT, système de communication que les trafiquants pensaient inviolable, vingt polices européennes ont pu suivre en temps réel les activités occultes du narcotrafic, des marchands d’armes, des réseaux de blanchiment d’argent sale ou de traite d’êtres humains.


Les informations que les criminels échangeaient librement, se pensant en toute sécurité, a permis aux Pays-Bas d’arrêter une centaine de personnes, de saisir 10 tonnes de cocaïne, 1200 Kg de cristal méthamphétamine, de démanteler 19 laboratoires clandestins de drogues synthétiques. Ils ont aussi obtenu des informations sur des préparations d’assassinats, des actes de tortures planifiés par des criminels. Enfin, les autorités ont pu découvrir l’ampleur de la corruption au sein des services de l’Etat, notamment des forces de police. Au Royaume-Uni, l’affaire Encrochat a permis, selon l’agence nationale contre le crime, de combler « de gigantesques lacunes » en matière de connaissance du crime organisé au Royaume-Uni. Près de 750 personnes ont été interpellées et 54 millions de livres en espèces découvertes par les policiers, ainsi que 77 armes automatiques, dont des AK47.

Bien évidemment ENCROCHAT qui, grâce au chiffrage des communications, promettait un anonymat parfait à ses utilisateurs dont près de 90 % sont reliés au monde criminel dénonce le « caractère illégal » de cette captation de données personnelles. 

La question de la responsabilité pénale pour les propriétaires des réseaux de communications cryptées se pose à travers ce dossier emblématique.

Pour ceux qui veulent en savoir plus.