Le débat sur les pressions mafieuses aura lieu le 8 avril à l'Assemblée de Corse


Jeudi 25 Mars 2021

Nous profitons de l'occasion pour rendre publique notre réponse au président de l'Assemblée de Corse qui nous demandait de réagir sur le compte rendu d'une audition de notre collectif... 13 mois après !


La réponse au Président Jean-Guy Talamoni

Monsieur le président,
Monsieur Jean Guy TALAMONI Président de l’Assemblée de Corse
20000 AJACCIO
Nous accusons réception de votre courrier daté du 10 février 2021 et de la synthèse retraçant les éléments de notre audition devant les élus de A Cunfarenza di i Prisidenti le 20 Janvier 2020, il y a donc 13 mois déjà.
Nous n’estimons pas pertinent de faire aujourd’hui des commentaires sur le compte-rendu d’une rencontre qui s’est tenue il y a plus d’un an, après une période qui a vu beaucoup trop de sang et courir de trop nombreux feux incendiant des véhicules de manière inexpliquée, sans pour autant que 2020 soit une année pire que les précédentes dans ce domaine.
Il est dommage et profondément dommageable pour la Corse qu’il en soit ainsi et le silence de la classe politique dans son ensemble ressemble pour nous à un aveu d’impuissance, ou pire encore, à un lascia corre stratégique destiné à éviter d’affronter des questions particulièrement délicates pour une partie de la classe politique corse.
Il est pour nous tout à fait insupportable qu’un an après les auditions et l’annonce faite de l’organisation d’une session extraordinaire de l’Assemblée de Corse consacrée aux phénomènes de dérives et pressions mafieuses, l’on ne connaisse ni la date, ni les modalités du déroulement de cette session.
Malgré notre profonde déception, nous voulons nous montrer cependant confiants, monsieur le Président, dans la détermination que vous-même et monsieur le président de l’Exécutif de la Corse, finirez par monter pour combattre le fléau qui est en passe de devenir mortifère pour la société corse et la Corse.
Dans l’attente, recevez, Monsieur le Président, l’assurance de notre meilleure considération. Bastia le 15 mars 2021
Le Collectif
A MaffiaNo A Vita Ié
Par ce courrier, nous souhaitons enfin réaffirmer ci-après, nos valeurs et nos objectifs, en espérant que vous tiendrez la promesse que vous nous avez faite, de l’annexer au rapport général de la Conférence en complément de votre propre synthèse.
 

Le Manifeste du Collectif A MaffiaNo

Le collectif A MaffiaNo a Vita Ié a été créé pour sensibiliser la population et les autorités locales et nationales à l’emprise mafieuse qui pèse sur la Corse et obère son développement.
Plus de 4000 personnes ont adhéré à notre démarche, et malgré la crise sanitaire nous avons multiplié les initiatives pour nous adresser à la population et la tenir informée de l’évolution de la situation en utilisant l’ensemble des moyens que la technologie offre aujourd’hui.
Nous sommes parvenus, malgré le contexte particulièrement contraignant, à mobiliser l’attention et la réaction de la population.
De la même façon, après qu’une délégation du collectif ait été reçue par le chef de cabinet du président de la république, nous avons noté du côté de l’État une prise de conscience notable qui commence à se traduire sur le terrain.
Nous aurions aimé en dire autant de la classe politique corse. Malheureusement, si l’on excepte le soutien que nous avons recueilli ici et là de la part de quelques-uns des responsables politiques corses, c’est peu dire que son silence est pour nous assourdissant.
Nous attendions sans doute trop de celles et ceux dont la première préoccupation doit être de préparer notre jeunesse à affronter l’avenir dans les meilleures conditions.
Force est de constater que la lutte contre les mafias prédatrices qui gangrènent notre Île, accaparent les secteurs économiques ou les territoires les plus profitables et agissent par la contrainte, la violence et parfois l’assassinat, ne constitue pas une priorité pour nos élus.
Force est de regretter que les partis politiques qui abritent en leur sein un certain nombre de personnalités associées à ceux qui vivent sur le dos de notre peuple et menacent l’avenir de sa jeunesse, n’aient pas fait le ménage que nous espérions dans leurs rangs.
Force est d’observer que les propositions que nous avançons sont combattues avec acharnement par beaucoup de ceux qui devraient les défendre à nos côtés, et que le mot même de mafia est encore tabou pour la plupart d’entre eux.
Nous restons cependant optimistes, parce que le peuple, quant à lui, comprend ce que nous entreprenons, et que ses élus ne peuvent durablement s’en tenir éloignés.