"Comment pourrait-on soigner le mal si on se refuse à le nommer"


Jeudi 10 Décembre 2020

Le Cullettivu a réagi après la condamnation de l'auteur de l'attentat contre le garage de Jean-André Miniconi. Un procès qui aura eu le mérite de souligner la réalité d'une organisation mafieuse sur Aiacciu, avec un nervi exécutant les basses besognes de commanditaires, le tout sous un fond politico-économique inquiétant.


CUMMUNICATU DI U CULLETIVU MAFFIA NO', A VITA IÈ

Rassemblement de soutien à Jean-André Miniconi
Rassemblement de soutien à Jean-André Miniconi

Appeler une mafia, une mafia

 

L’incendie du garage, puis la tentative d’incendie d’un second bâtiment, dont avait été victime Jean-André Miniconi, au cours de l’été 2019, avaient soulevé l’indignation générale. Il s’agissait pourtant d’un attentat parmi tant d’autres qui émaillent la vie sociale de notre région.
Un attentat qui, comme souvent, aurait pu faire bien plus de dégâts, matériels ou humains.
Un attentat, enfin, dont le Tribunal Correctionnel d’Ajaccio a récemment condamné l’auteur à 5 ans de prison ferme, sans que ce dernier n’ait livré le nom de ses commanditaires !
Le mérite de ce procès aura été, malgré tout, de soulever un coin du voile qui pèse trop souvent sur ces affaires. Les différentes parties au procès se sont toutefois bien gardées d’employer les mots qui conviennent pour qualifier les faits: comme si le simple  fait de les qualifier de « mafieux »  dans un  prétoire  allait ouvrir on ne sait quelle boîte de Pandore qu’il conviendrait de maintenir cadenassée.
Et pourtant, la concomitance des faits avec les élections municipales est plus que troublante. Comment pourrait-on oublier la fracassante démission de Monsieur Miniconi, avec 19 de ses colistiers, de la présidence de la CCI de la Corse du Sud, et les allusions à la pression mafieuse qui la justifiait ?
Il suffit de lire l’excellent ouvrage de Marie-Françoise Stefani, « Une famille dans la Maffia »  pour comprendre le contexte dans lequel ces faits se sont déroulés et comment d’autres se déroulent, hélas, probablement encore aujourd’hui.
Le collectif A Maffia No, contrairement à nombre de celles  et ceux qui continuent à faire l’autruche, n’a jamais craint de qualifier ce qui se passe en Corse, car comment pourrait-on soigner le mal si on se refuse à le nommer ?
C’est bien d’une mafia qu’il s’agit.
Nous sommes aux côtés de M.Miniconi aujourd’hui, comme nous serons demain, aux côtés des victimes de faits mafieux.

 






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